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mardi 12 novembre 2019

La puissance schizophrénique au service d'une musique à faire déciller les yeux et vriller les tympans du monde, l'animal Mingus !



L'instinct de Tueur,
L'envie de jeter à bas tout ce qui l'entoure y compris soi,
Image associée
la création et la destruction dans le même élan,
servis par une existence fougueuse et rebelle.

Tel le boxeur toujours prêt à livrer combat ; 
d'un oeil, on observe les deux autres : l'animal qui craint d'être attaqué et celui doux et aimant enclin à être possédé.

Des notes qui mordent dans le tendre
et éclatent telles des grenades,
à faire se tordre le plus robuste des tympans.

Des boules d'émotion où les images,
pétries dans la pâte humaine,
s'entrechoquent comme les billes d'un flipper jusqu'à l'exultation,
par temps de tempête.

Fureur de vivre pour mieux se libérer,
livrer combat à toutes les injustices,
au racisme ordinaire,
dans le déchirement des rêves effondrés d'une mère trop tôt disparue,
ou du parfum de la fleur blanche dont il s'est enivré jusqu'à l'évanescence.

Trois couleurs d'un homme à la musique aux mille éclats,
Hymne incandescent à la sensualité, au lyrisme, à la jouissance crue,

Porté par la rage de n'être pas considéré moins qu'un chien.

mardi 22 octobre 2019

Tel un barrissement, un yodel de la poitrine à la tête à vous estourbir le coeur : Pharoah Sanders


Image associée
Malaxage de tous les sons excessifs,
D'une trompe de sax sourd des trombes de notes,
Harponnant toutes les harmoniques.

Plus d'entraves, d'accords ni de gammes ;
Un cri libérateur, de l'intérieur, qui vous transperce.

Une autre langue se fait entendre, 
primale, 
dont on suit les inflections par pulsations jusqu'à lévitation,
hors de toute conscience.

On puise au plus profond de la musique,
Dépouillée,
Sous sa brutale âpreté,
Sans spiritualité,
Dans les éclats d'un panthéisme rageux,
Fusion de toutes les ethnies,
Par le mugissement de la véhémence,
Ou ce qu'il en reste quand on est déjà plus rien.

Brisure, télescopage, éclaboussures
Non pas pour éclairer mais pour ébranler, 
et se désentraver.

Faites en l'expérience ; vous n'en sortirez pas indemne mais sonner.


Résultat de recherche d'images pour "pharoah sanders"



"Elevation" - Pharoah Sanders ("Elevation" (1974), Impulse!)

"Africanos, Latinos" - Kahil El'Zabar's Ritual Trio feat. Pharoah Sanders (Africa N'da Blues)


"You've Got To Have Freedom" - Pharoah Sanders (Live)





jeudi 12 septembre 2019

L'exaltation au service de l'exultation, ou comment rendre intelligible l'expérience sensible du Jazz.

Résultat de recherche d'images pour "don pullen"

Héritier de Mingus, celui dont la colère et la révolte enverra à la niche ceux qui le considérait "Moins qu'un Chien", 
voici le météore Don,
Don Pullen.

Don Pullen” by Sue Storey - Jazz Photo

Inventif, chamarré, aux pulsions excitantes, parfois anguleuses, 
plein de fougue et de rage mais toujours exaltantes,
exhalant les parfums de l'ardeur impétueuse jusqu'à vous foudroyer,
un musicien qui irradie autant de lumière que de musique.

Des fulgurances d'une beauté à vous faire couler en flot continu l'adrénaline le long de l'échine, 
à l'intersection de toutes les appartenances : indien d'Amérique, latines, afro-caribéenne, gitane...

Et tout cela pour sculpter à la truelle le jaillissement d'un magma de notes, 
effervescentes,
mordantes,
pour mieux l'affiner au scalpel des pulsations jusqu'à laisser son empreinte écarlate sur le clavier ; 

vendredi 6 septembre 2019

Equinoxe du temps modal, ou solstice de l'éveil transcendé coule John à la source du Jazz Suprême.

John Coltrane Biography


Ecouter monter ce son annonciateur de dimensions astrales,

Un tempo composé mais invariable qui vous pose, 
confortablement, 
vous tient, 
pour mieux vous inviter à laisser votre imaginaire divaguer,
pour mieux regarder, 
dans les yeux, 
votre âme.

Et cette mélodie de quelques notes qui monte, 
déroule ses mélopées, 
dialoguant avec les esprits,
élégiaque.

Le jour se fait nuit, solstice de printemps ou d'automne, on ne sait plus.

On se moule, roule dans un train en marche sans destination sinon celle de vous laisser en apesanteur : Olé !

Céleste, au royaume des bienheureux.
John Coltrane Monument, 8' bronze sculpture, High Point, NC

La sagesse vous gagne, en suspend, redoutant le réveil d'un réel si prosaïque, sans noblesse.

Suit le vide, 
le manque,
tellement cette musique vous imprègne et vous nourrie l'esprit.

Chant d'une rivière à laquelle l'eau ne manque pas, 
source qui nous abreuve de sa suprême clarté,
à satiété. 

Coule John..

« Le jazz — appelons-le ainsi — est selon moi une expression des idéaux les plus élevés. Par conséquent, il contient de la fraternité. Et je crois qu’avec de la fraternité il n’y aurait pas de pauvreté, il n’y aurait pas de guerre. » John Coltrane

Did John Coltrane Play Alto Sax?
Equinox - John Coltrane Quartet (Coltrane's Sound)

Alabama - John Coltrane Quartet (Live at Birdland)

Nature Boy - John Coltrane Quartet (Both Directions At Once: The Lost Album)

Olé - John Coltrane Sextet (Olé)

Wise One - John Coltrane Quartet (Crescent)

Naima - John Coltrane Quartet (Giant Steps)

Blue Word - John Coltrane Quartet (Blue World)

Lonnie's Lament - John Coltrane Quartet (Crescent)

Blues for Elvin - John Coltrane Quartet (Coltrane Plays the Blues)

Soul Eyes - John Coltrane Quartet (The Gentle Side of John Coltrane)

My Favorite Things - John Coltrane Quartet (My Favorite Things)



mardi 3 septembre 2019

Free Jazz : Harmologie ou Catharsis du son primal libertaire ?



Résultat de recherche d'images pour "ornette coleman lonely woman"A l'origine du Jazz, 
la jouissance,
pour se libérer des chaînes, 
des entraves de la condition d'esclave.

Et exulter !

Jouir, sans retenue, à l'envie, sans contraintes, retrouver l'exaltation primale par la musique ; tels furent les pulsions à l'origine du Free Jazz.

Où comment passer du figuratif à l'abstraction, comme avant eux les pionniers Kandinsky ou Nathalie Gontcharova ont transcendé le figuré par le "Rayonnisme" dans l'art plastique.

Jaillissement spectral de son, de couleurs d'harmonies ; 
jeter les notes au ciel comme une incantation, 
laisser le fil de l'Harmolodie s'étendre, 
puis retomber en poussière, 
pour vous envelopper jusqu'à l'étouffement, 
vous envahir jusqu'à la confusion, 
vous souiller pour mieux vous libérer.

Catharsis des passions déçues.

Voilà le Free, Free at last !


Résultat de recherche d'images pour "ornette coleman lonely woman"Lonely Woman - Ornette Coleman (The Shape Of Jazz To Come)

Lonely Woman (Live) - Jeanne Lee & Ran Blake (The Newest Sound Around)

You've Got To Have Freedom - Pharaoh Sanders (Africa)

The Kora Song ft. Don Cherry - Don Cherry (Billy Bang - Untitled Gift)

The Seagulls Of Kristiansund (Dedicated To Wigdis Wolland) - Mal Waldron Quintet (The Seagulls Of Kristiansund - Live At The Village Vanguard)