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vendredi 12 février 2021

L’art du blues à l’âme, où les sombres nuages de paradis artificiels que l’on dissipe par la note, Bleue…






On ne trempe pas sa plume dans un sirop d’orgeat pour y puiser l'inspiration.
















Il ne suffit pas de souffler une note pour lui donner toute sa teneur, ses inflexions, ses nuances et sa palette de couleurs, sa structure, sa sculpture, son animation, son élévation, sa ferveur. 

Art Pepper - Darn That Dream - YouTube



No Limit - Ulule

Art Pepper joue sa vie à chaque note, de celle des poètes qui la mettent en joue et en jeu à chaque mot.









Les poètes sont des êtres qui portent les douleurs de la création, des gens de peu mais porteur de tant de plein qui ont l'impression que l'on ne les entend pas, que l'on n'en fait pas cas par peur d'être trop secoué.

Ils se défendent mal, ne sachant que faire du beau, du joli sur commande ou sur ordre ; cela ne les intéressent pas. 


Et c’est une fierté de faire descendre cette poésie dans la rue, 

le vacarme, 

dans la joute, 

la contreverse, 

de la livrer pour mieux la délivrer.












Art Pepper - Écoute gratuite et illimitée


Cette musique est d’écrire un son pour taire les silences.



Elle a ceci de particulier qu’elle est au courant des choses avant qu’elles n’arrivent.










art pepper

Puisant à la source de muses rédemptrices,
elle a l'atout coeur pour seul partage, d'un dialogue incessant avec soi et les autres, 
ardente, incandescence.

Elle apaise, elle conforte.


C’est le plus grand diplomate pour faire lien d’humanité.


Elle permet de faire la différence entre exister et vivre,

Assumer ses émotions et tourner autour, 

aussi improbable que la réalité,

Passer de la nuit au jour, éclairage de sons qui donne sens,

Insuffler de la vie même à la mort.

S’oublier pour lâcher prise,

Et faire naître des astres de musique qui nous font s'envoler.



Jazz news: Jazz Musician of the Day: Art Pepper


Le son se propage alors dans l’air pour faire le plein de vide et mieux se diffuser, 

s'instiller, 

vous envahir d'ondulations, de vibrations, d'émotions, 

en suspens, 

sans support.


Ainsi, il se fait lumière pour vous emplir et ne plus jamais vous quitter, 

dans la flamme, la note..., 


Bleue.


JAZZ SUR MON I POD, TOUT UN PROGRAMME ». N°1 | Papyblues


«Des explosions d'irréel dans une fumée blanchissante. Mais nul bruit pour les oreilles : Un tracas au fond de l’âme. »

 Jules Supervielle
















































jeudi 6 août 2020

Le temps suspendu d’un impressionniste dans la composition d’une toile évanescente, Bill Evans

Bill Evans : un jazzman et une icone de style et du cool

Une première note posée et déjà une couleur vient illuminer le cadre d'une transparence floutée,
Puis d'autres,
Jetées en l'air,
D'une pluie aigrelette,
Pour les faire éclore,
En suspend.

Alors la magie d'un coloriage modal introspectif se fait jour,
Vous enveloppe tout entier d'un fil de soie entre mélodies polyrhythmiques et syncopées,
Agrandissant la toile de sentiments impressionnistes,
Dans la nuance et la délicatesse,
Dans une cascade de notes cristallines et pétillantes.







La Dame Blanche s'invite en support pour granuler les inflexions de celles qui s'égrainent.

Stan Getz with Bill Evans Trio - You and the Night and the Music ...

Puis le feu incantatoire,
D'une conversation avec soi,
Pour vous saisir,
Vous embraser,
Et vous tendre en offrande la lumière intérieure du sentiment jamais exprimé.

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Tout en vous s'éclaire alors,
S'accorde,
Dans le calme, la fluidité et l'écoulement d'une source méditative virginale,
Pour donner forme et velouté à la passion aux milles colorations,
Intonations ininterrompues du poème de l'extase.

Bill Evans (pianiste) — Wikipédia

Avec lui, la musique refuse de mourir,
Car isolée, elle est vite brisée ;
De ces flagrances d'amour, de solitude, d'amitié, de révolte et d'éréthisme partagées d'hommes et de femmes,
Des liens irréfragables se tissent et s'allient.

El silenci de Bill Evans', per Jordi Puntí

Alors la poésie de la vie reprend ses droits pour ne jamais plus vous quitter,
Dans l'interlude de printemps retrouvés sur une valse de notes bleutées, 
à vous perdre dans les méandres de rêveries évanescentes sur un tapis de verdoyance.



The Peacocks — Stan Getz & Bill Evans | Last.fm






















 







vendredi 20 décembre 2019

L'Homme à l'affût (*) avec pour seul cortège l'idiome de la musique comme axiome entre mélodie, harmonie et rythme ; Charlie "Yardbird" Parker !


Three performances honoring Charlie “Bird” Parker's legacy this month

Tel un diamant brut, 
dans l'éclat d'un son suprême, 
une supériorité étonnante sur n'importe quel autre musicien,
un exemple de grâce dans un âge sans grâce...


D'un visage cendreux, 
dans le souffle d'un bec d'alto jaillit l'élaboration d'un nouveau langage,
sans cesse en retard comme s’il voulait prendre de l’avance sur la musique du demain,
avec la fluidité du félin qui guette sa proie pour mieux bondir de sa cage.

Une musique qui se meut, 
dans des soubresauts parfois métaphysiques
pour élaborer une contre proposition d’imaginaire, 
élargir les possibles,
à l'immanence d'une tombée de notes spectrale,
une musique qui ne facilite ni l'orgasme ni la nostalgie.

Image associée
"Don't play the Saxophone ; let's play you."

Les notes ne suffisent jamais quand ce que vous avez à dire déborde de l'âme,
tant cette musique vous sort du temps,
dont le paysage qu'elle esquisse se casse en mille morceaux, 
comme le miroir de ce que vous pensiez être quand vous la laissez s’éloigner.

Résultat de recherche d'images pour "charlie parker"

Un homme pressé de jouer toutes les notes, 
de jouer encore et toujours la musique du lendemain, 
hanté par le temps pour marquer l’éternité,
soumis à l'inéluctable imminence : 
jouer à la vie comme si chaque note en dépendait,
pour mieux s'évanouir dans les paradis perdus !












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(*) L'Homme à l'affût - Julio Cortazar (Folio)












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dimanche 29 septembre 2019

Allégorie de l'archange sous les traits du charme et de la volupté, dans les plissures et méandres de paradis artificiels, l'abstraction Chet



Image associée
Quand l'abstraction se fait corps,
les notes esquissées sont toujours justes.

Ecouter Chet, c'est parcourir les instances d’une méditation,
faire un pas de côté,
entrevoir les précipités bleus que le poète voit quand tous les autres baissent le regard,
aller droit à la tragédie,
d’un jeu qui nous renvoie à la vérité de nos vies,
ce tracé sinueux d'une note à l'autre avec le silence pour seule résonance.

Ici, peu de tempo ; ce qui a lieu se passe entre les sonorités, l'intention et soi,
cette pensée qui se distille et se propage entre le corps, les images et la musique,
l'étincelle de toute une existence qui s'ouvre.



jazz (& scrap) pages — Chet Baker Quartet, Stuttgart, Germany 1988 When...

Partir en ballade avec Chet, c'est être accompagné d'une longue série de caresses qui ne mènent nulle part,
se fondre dans le néant,
si bien que chaque fois qu'il joue une note, il lui fait un au revoir.


Le son rejoint le sens au delà de l'esprit,
irradie le clair de lune,
sépare les transparences,
ouvre les portes de l'entre-temps.

Se tenir là, c'est la vie,
un surgissement vers nous.