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lundi 1 juin 2020

Danser avec les esprits pour que la musique transforme le monde, la magie noire d'Abbey Lincoln



648756356x237.jpgAvez-vous déjà entendu l'histoire d'une voix qui parle au soleil et fait des rêves de tortues...

Ouvrer les bras au ciel,
Laisser passer la lumière pour mieux éclairer le monde, 
Et saisissez l'instantané d'une émotion qui met à bas toutes vos lourdeurs ;
Alors, rien ne vous détachera de l'ébranlement qui vous étreint par le truchement d'Abbey, 


Rien ne vous séparera plus de ce qui vous revient de droit.


ABBEY LINCOLN - A Heart Is Not A Toy, a song by Abbey Lincoln on ...
Car cette musique transporte avec elle les spectres d'esprits libres aux couleurs de l'insoumission,
de Billie et Nina confondues,
Un elixir qui pénètre vos esprits,
Avec tout ce qu'il essaime de sincérité, 
Et ne laisser aucune place aux regrets.

Prémonitoire.

Donner du caractère, du sens et du fonds,
Avec des abords parfois tranchants,
Une diction mordante, entre chant et art dramatique,
Où la sensualité se fait sombre, écorchée, vibrante. 
Une présence scénique contondante,
Une puissance vocale pleine, toujours, poussée dans ses derniers retranchements,
dépouillé de toute « joliesse », tout en véhémence, allant jusqu’au cri.

"En France, j'ai reçu le plus beau compliment que l'on m'ait jamais fait : "Vous avez beau jouer des mélodies et des chansons déchirantes, votre désespoir devient notre courage."

Abbey Lincoln (1930-2010) - Music LodgeChanger la texture du temps par sa seule présence vocale,
Sculpter des mots bleus aux notes de Monk,
Apprendre à écouter siffler l'oiseau de passage dans le ramage de Miles,
Sortir de la moquerie imbécile,
Insister,
Puiser au plus profond et finir par trouver sa place à la lumière d'un soleil noir,
Pour se sentir enfin libérer sur le fil des mots de cette voix ensorcelante.

Etre soi, juste, là, maintenant, 
Danser sur la vie, 
Aimer...


We Insist ; Freedom Now !



« Je ne suis pas une chanteuse de jazz. Jazz is a four letter word (1). C'est pour moi un mot obscène, injurieux. Je suis une artiste noire. Mon nom est Abbey Lincoln. Rien d'autre.
(1) Four letter word : un mot de quatre lettres, comme tous les principaux mots grossiers de la langue anglaise.


Abbey Lincoln, Bold and Introspective Jazz Singer, Dies at 80 ...
Throw It Away - Abbey Lincoln (Abbey Lincoln « In Paris – Painted Lady »)

A Turtle's Dream - Abbey Lincoln (A Turtle's Dream)

Down Here Below - Abbey Lincoln (A Turtle's Dream)

Should've Been - Abbey Lincoln (A Turtle's Dream)

Being Me - Abbey Lincoln (A Turtle's Dream)

My Love Is You - Abbey Lincoln (A Turtle's Dream)

A Time for Love - Abbey Lincoln feat. Stan Getz (You Gotta Pay the Band)

Bird Alone - Abbey Lincoln feat. Stan Getz (You Gotta Pay The Band)

And It's Supposed to Be Love - Abbey Lincoln feat. Maggie Brown - (Wholly Earth)

Another World - Abbey Lincoln (Wholly Earth)

Love Has Gone Away - Abbey Lincoln (Who Used To Dance)

Who Used To Dance - Abbey Lincoln (Who Used To Dance)

Blue Monk - Abbey Lincoln (Abbey Sings Abbey)

Learning How To Listen - Abbey Lincoln (Abbey Sings Abbey)

The World Is Falling Down - Abbey Lincoln (Abbey Sings Abbey)

The Music Is A Magic - Abbey Lincoln (Abbey Sings Abbey)

Whistling Away the Dark - Abbey Lincoln (Talking To The Sun)


Abbey Lincoln - The Katz Tapes

Abbey Lincoln: The Music is the Magic ... a film preview
















jeudi 6 février 2020

Tant qu’il y aura des ponts pour faire lien ; le grand Duke de la fraternité des jazz.

Résultat de recherche d'images pour "duke ellington"S'il l'on devait ériger une figure tutélaire du jazz au Panthéon des artistes,
à l'égal d'un Shakespeare ou de Proust, de Stravinski ou de Picasso,
Comme une évidence s'impose "The Duke",
Grande arche balancée entre expressionnisme Big Band et Swing.

Comment s'extraire de l'intellect et faire sonner le coeur ?
Par une musique transfrontalière qui puise aux racines de tous les continents,
Se remplir du chant du monde au sillon de caravanes mélodiques,
Suivre les traces de l'humble berger dans la nuit au tempo de son seul bâton,
Qui, de solo en trio, 
de petites formations en grands orchestres,
Va consacrer le jazz en genre majeur de la musique du XXème siècle.

Ecouter Duke Ellington,
C'est s'aventurer en bordure de jungle,
S'enfoncer dans les nuits indigos d'Harlem aux humeurs interlopes,
Défier les serpents rampants dans les rues assoiffés d'or,
Conter fleurette aux Afriques,
Badiner en Eurasie ou bouillonner aux Amériques,
Au détour d'un brassage de notes pulsées à fleur de mille couleurs,
Et finir par cueillir la plus belle d'entre elles, Lotus Blossom,
Dans l'étal d'un lac aux polyphonies rythmiques.


Résultat de recherche d'images pour "duke ellington bus"













C'est aussi dénoncer et se battre,

Sans jamais désarmer
Contre les préjugés et l'injustice de la ségrégation raciale,
S'entourer d'un orchestre pour mieux saluer le talent de chacune et chacun, 
Compagnons de notes,
Et composer sans relâche pour embrasser toutes les rêveries du monde,
En laissant derrière lui sonner pour l'éternité,
comme prélude au premier baisé,
la Solitude multicolore du "Black, Brown and Beige".

Song of the Day: Duke Ellington, Charles Mingus, Max Roach - "Money Jungle"  - JAZZIZ Magazine

















Résultat de recherche d'images pour "duke ellington pièce de monnaie"
« Il n’y a que peu d’intérêt pour l’argent dans l’art, la musique sera toujours là quand l’argent se sera envolé ! » Duke ­Ellington









vendredi 20 décembre 2019

L'Homme à l'affût (*) avec pour seul cortège l'idiome de la musique comme axiome entre mélodie, harmonie et rythme ; Charlie "Yardbird" Parker !


Three performances honoring Charlie “Bird” Parker's legacy this month

Tel un diamant brut, 
dans l'éclat d'un son suprême, 
une supériorité étonnante sur n'importe quel autre musicien,
un exemple de grâce dans un âge sans grâce...


D'un visage cendreux, 
dans le souffle d'un bec d'alto jaillit l'élaboration d'un nouveau langage,
sans cesse en retard comme s’il voulait prendre de l’avance sur la musique du demain,
avec la fluidité du félin qui guette sa proie pour mieux bondir de sa cage.

Une musique qui se meut, 
dans des soubresauts parfois métaphysiques
pour élaborer une contre proposition d’imaginaire, 
élargir les possibles,
à l'immanence d'une tombée de notes spectrale,
une musique qui ne facilite ni l'orgasme ni la nostalgie.

Image associée
"Don't play the Saxophone ; let's play you."

Les notes ne suffisent jamais quand ce que vous avez à dire déborde de l'âme,
tant cette musique vous sort du temps,
dont le paysage qu'elle esquisse se casse en mille morceaux, 
comme le miroir de ce que vous pensiez être quand vous la laissez s’éloigner.

Résultat de recherche d'images pour "charlie parker"

Un homme pressé de jouer toutes les notes, 
de jouer encore et toujours la musique du lendemain, 
hanté par le temps pour marquer l’éternité,
soumis à l'inéluctable imminence : 
jouer à la vie comme si chaque note en dépendait,
pour mieux s'évanouir dans les paradis perdus !












Résultat de recherche d'images pour "charlie parker"

(*) L'Homme à l'affût - Julio Cortazar (Folio)












Résultat de recherche d'images pour "charlie parker bird"